Comment avez-vous traversé la crise avec vos équipes ?

FD : « Pendant la crise et notamment le confinement, la priorité du groupe et donc du site, a été (et demeure !) la protection de la santé et la sécurité de tous nos collaborateurs. Les collaborateurs requis sur site pour mener à bien les missions essentielles du groupe ont été étroitement encadrés afin que leur activité respecte en tout point les mesures barrières. Le télétravail a été systématiquement priorisé à des niveaux élevés (entre 40 et 60% de l’activité à Lorient, 20% à Brest).

Pour une remontée en puissance sécurisée de l’activité, nous avons analysé les différentes situations de travail afin d’adapter les mesures barrières à chaque espace de travail, à chaque activité. »

EB : « La mise en place de ces mesures sanitaires strictes nous a permis de poursuivre nos activités au profit de la Marine Nationale dans le cadre du maintien de  la posture de dissuasion nucléaire de la France en assurant la sécurité de tous nos collaborateurs présents. L’enjeu était de permettre la poursuite de l’activité de plusieurs centaines de personnes qui se rendent chaque jour sur ce site pour assurer l’entretien et la modernisation des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Le chantier de l’Île Longue à Brest était au cœur du dispositif de poursuite de l’activité.»

FD : « Sur notre site de Lorient, le télétravail a permis, entre autres, de continuer, avec succès, les travaux de conception et développement des programmes de frégates de défense et d’intervention (FDI), du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3ème génération et les études pour le projet de remplacement du porte-avions de nouvelle génération. »

EB : « L’engagement de nos deux sites vis-à-vis de nos partenaires locaux n’a pas faibli avec la crise, il reste l’une de nos priorités. Naval Group, employeur industriel majeur sur les bassins d’emplois de Brest et Lorient, assure un rôle moteur dans le développement économique local : à ce titre, Naval Group s’est engagé durant la crise sanitaire à poursuivre ses collaborations avec les entreprises du tissu économique régional car ces partenaires sont indispensables à notre activité, à la qualité de nos réalisations et à notre souveraineté industrielle. Nous avons fait le nécessaire pour assurer un lien aussi étroit que possible avec eux pendant la crise. »

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

EB : « Nous sommes ravis de participer au FEB car il met en avant la diversité et la qualité des partenariats locaux que nous pouvons construire durablement en Bretagne. Nous avons besoin de ces partenariats pour avancer ! Le site Naval Group de Brest, qui emploie plus de 2800 collaborateurs, sollicite 190 sociétés locales dont 77 PME/ETI. C’est au global plus de 11.000 empois (ETP) soutenus en France par l’établissement de Brest dont plus de 40% en Bretagne. Nos partenaires industriels sont essentiels à la qualité et à la supériorité technologique de nos produits et de prestations de MCO (Maintien en condition opérationnelle) : sous-marins lanceurs d’engins comme bâtiments de surfaces. »

FD : « À Lorient également, nous évoluons au sein d’un écosystème riche : si le site de Lorient compte 2200 collaborateurs, il accueille également plus de 900 sous-traitants chaque jour. Nous soutenons activement l’économie locale et les emplois en travaillant avec 36 PME. Des spécialités et des compétences qu’il est nécessaire de préserver localement. Le site de Lorient adhère par ailleurs au Réseau Entreprendre, qui accompagne et soutient les entreprises et les entrepreneurs du Morbihan. Nous sommes donc extrêmement sensibles à l’attractivité du bassin d’emplois breton ! Le Forum économique breton y contribue. »

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

FD : « Sur le site de Lorient, nos thématiques clés sont la modernisation de l’outil industriel et l’ouverture à l’international. Nous avons largement investi (40M€ d’ici 2021 sur le site de Lorient, dont 27 M€ ont été investi entre 2018 et 2020), pour moderniser un outil industriel complexe, améliorer ainsi  sécurité, qualité, coûts et délais, au service de la performance et de l’atteinte d’objectifs ambitieux : produire une corvette en 20 mois, une frégate en 30 mois. Ces investissements bénéficient d’ores et déjà à nos programmes France, FREMM (Frégates multi-missions) et FDI (Frégates de défense et d’intervention).

L’export également est vital pour le site de Lorient. Ainsi, pour assurer sa pérennité et son avenir, Naval Group doit impérativement se tourner vers l’international. Le groupe mène une politique de développement international responsable et durable, en associant de manière pérenne ses partenaires locaux à tous ses programmes et générant ainsi des milliers d’emplois indirects.

La digitalisation est de la même manière essentielle pour le site Naval Group de Lorient et pour répondre aux besoins des futurs programmes, les équipes ont mis en place des outils numériques innovants, et travaillent notamment à l’aide de la réalité augmentée. Sur FREMM Lorraine par exemple, la réalité augmentée est testée par les équipes pour réaliser le contrôle du montage des installations. Via des lunettes HoloLens qui, à l’instar de la tablette pour la vérification des tuyaux, permettent de superposer la maquette numérique et la réalité. Tuyauterie, câblage, vannes et autres machines apparaissent en surimpression sur le champ visuel de l’opérateur, le système se recale automatiquement, en temps réel, selon l’endroit regardé. »

EB : « A Brest, je dirais qu’il s’agit également de la modernisation de l’outil industriel avec un investissement conséquent sur la période 2019/2023. Nous avons en effet lancé l’an dernier la construction de deux nouveaux bâtiments : le premier, l’atelier multispécialité, est un équipement ultra-moderne de 3200 m² qui nous permettra d’être beaucoup plus efficients sur les flux en limitant considérablement les déplacements et fera une belle place à l’impression 3D, qui se développe actuellement très vite. Ce nouvel équipement permettra à plusieurs nouvelles spécialités de cohabiter au sein d’un même atelier, avec, à terme, des machines pour la fabrication additive (Impression 3D) et des machines d’usinage numériques issues des dernières technologies. Cet investissement représente à lui seul 14 millions d’euros dont 4,6 millions pour le parc machines. Le deuxième bâtiment sera dédié à ce que nous appelons les systèmes de combat, pour lesquels le site Naval Group de Brest dispose d’une véritable expertise. Ces deux bâtiments seront opérationnels en 2021. Viendra ensuite une seconde vague d’investissements d’ici 2023. »