Comment avez-vous vécu la crise, vous et vos équipes ?

En tant que gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, Enedis est un opérateur de missions essentielles, ce qui signifie que pendant la crise, nous avons poursuivi notre activité. Nous nous sommes concentrés sur l’entretien du réseau, d’autant qu’avec le confinement et le télétravail généralisé, la sensibilité aux coupures de courant s’est accrue chez nos concitoyens ! Nous avons dû, de surcroît, gérer plusieurs coups de vent importants durant le confinement, du premier week-end jusqu’au dernier !

Sur les 1700 salariés qu’emploie Enedis en Bretagne, il y a 800 techniciens et techniciennes qui sont restés sur le terrain, tandis que leurs collègues ont massivement télétravaillé. Nous avons d’ailleurs été aidé par le déploiement régional du compteur Linky qui a permis d’effectuer de nombreuses interventions par télé-opération. Nous avons ainsi évité 170.000 déplacements de nos techniciens sur site. Nous allons certainement conserver certains enseignements de cette période, notamment en matière de télétravail. Nous comptons désormais environ 900 télétravailleurs réguliers, contre 200 avant la crise sanitaire. Cela fonctionne, car nous avons beaucoup travaillé sur la responsabilité et la confiance.

Comment envisagez-vous la fin de l’année ?

Nous engageons tout un panel d’activités liées à la relance de notre activité. Avec un objectif fort : rattraper, d’ici à la fin de l’année, l’ensemble de nos investissements non réalisés durant la crise. Cela représente 160 millions d’euros d’investissement dans le réseau électrique breton (hors déploiement de Linky). Je tiens à souligner que ces dépenses retombent à plus de 85% dans l’escarcelle des entreprises bretonnes avec lesquelles nous travaillons. Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous avons conclu des accords avec nos salariés, sur la base du volontariat, portant sur l’aménagement des congés d’été, les heures supplémentaires, le travail le samedi…

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

Le FEB permet de créer un pont entre public et privé autour des questions de transitions, notamment énergétiques. Chez Enedis, nous y contribuons, grâce à la maîtrise des données qui intéressent à la fois les acteurs publics qui souhaitent sécuriser l’alimentation électrique de leurs territoires, et les entreprises qui souhaitent maîtriser leurs consommations.

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur au FEB ?

C’est celle dont je viens de parler, cette question essentielle de la transition énergétique. Mais attention ! Nous sommes à un moment de l’histoire où le pétrole est peu cher : il faut donc être vigilant à ce que la relance économique qui s’esquisse ne se fasse pas sur un projet carboné ! Nous souhaitons accélérer la transition en nous appuyant sur la qualité du réseau électrique breton, qui est très performant et qui couvre l’intégralité du territoire, sans zone blanche. En Bretagne, j’en suis convaincu, la relance doit permettre d’accélérer la transition énergétique.