Comment avez-vous traversé la période de la crise sanitaire, avec vos équipes de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ?

Nous sommes une institution européenne qui emploie plus de 3000 personnes, basée à Luxembourg. Notre bureau français compte 11 collaborateurs. Nous avons pris très tôt des mesures vis-à-vis des collègues qui venaient des pays touchés par le Covid, avec la mise en place de quarantaine dès le mois de février. Cette crise sanitaire a éprouvé notre organisation. Il a fallu tester notre capacité à assumer le télétravail dans la durée, du point de vue de la sécurité informatique et financière, et cela dès le mois de janvier. Lorsque les mesures de confinement ont été annoncées en France et au Luxembourg, nous étions prêts, nous avons limité le présentiel au strict nécessaire. L’institution n’a pas été en risque. Les équipes ont joué le jeu, cette situation inédite a même dans une certaine mesure renforcé les échanges entre elles.

Quel rôle joue la BEI dans l’après Covid et la relance économique ?

En tant qu’acteur financier public (nos actionnaires sont les Etats membres de l’Union Européenne), nous avons un rôle contracyclique. Nous devions réagir rapidement, en proposant un fonds de garanties de 25 milliards d’euros aux acteurs financiers (banque privées, Bpifrance…). Nous avons une expérience, notamment en France, en matière de transitions énergétique et écologique et aussi d’innovation, sur des secteurs clés : les transports, la rénovation thermique, l’efficacité énergétique, le numérique. En Bretagne, par exemple, nous avons accompagné le groupe Roullier à Saint-Malo, le groupe Olmix dans le Morbihan, la Sill dans le Finistère… En matière d’énergie, nous tenons à accompagner le développement de la filière hydrogène. La BEI a vocation à devenir la banque européenne du climat. Elle a exclu le financement des énergies fossiles et s’est engagée, d’ici à 2025, à consacrer la moitié de ses engagements à la question de la transition écologique, soit plus de 30 milliards d’euros. Et nous nous engageons à ce qu’aucun des projets que nous finançons n’ait un impact négatif sur le climat.

Pourquoi être partenaire du Forum Economique Breton ?

La dimension régionale est très importante dans notre action européenne. Il existe un lien privilégié entre les régions et l’Europe. La région constitue un niveau d’intervention pertinent pour la BEI, notamment pour les infrastructures publiques qui mobilisent plusieurs centaines de millions d’euros. Je pense que le « monde d’après » devra conjuguer adroitement le localisme, et donc la région, avec la dimension européenne. Et nous sommes sensibles à ce que la Bretagne soit convaincue que la transitions écologique et énergétique est un élément favorable à la relance. En ce sens, le FEB peut être le lieu du débat pour investir dans le monde de demain, en accélérant sur ces transitions indispensables.