Comment avez-vous traversé la crise, avec vos équipes ?

Le MEDEF Bretagne réunit les 4 MEDEF départementaux bretons, 18 branches professionnelles régionales représentant la quasi-totalité de l’économie bretonne, et 3 membres associés que sont la SNCF, EDF et ENEDIS. L’ensemble réunit 20 000 entreprises employant plus de 300 000 salariés. 98 % de nos adhérents sont des PME qui avaient un fort besoin d’information et d’accompagnement.

Notre mission première fut d’informer ces entreprises sur la situation, les dispositifs mis en place, les droits qui étaient les leurs compte tenu du caractère unique, inédit, de cette situation. Nos MEDEF départementaux et nos branches professionnelles régionales se sont démultipliés pour accompagner leurs adhérents. Nous avons aussi recensé les attentes, les besoins de nos adhérents afin d’établir un plan d’accompagnement et de relance à destination des pouvoirs publics afin que les mesures attendues et si nécessaires, soient prises, par l’État, par l’État en région et par le Conseil régional (parfois en partenariat avec les EPCI). Cette crise a mis en évidence toute l’utilité d’organisations telles que les nôtres qui doivent informer, accompagner leurs adhérents mais aussi porter leur voix auprès des pouvoirs publics afin que ceux-ci prennent les décisions les plus adaptées compte tenu des circonstances.

 Comment s’est déroulée cette mobilisation ?

Cette mobilisation fut totale. Les équipes du MEDEF Bretagne, des MEDEF départementaux et des branches régionales se sont totalement mobilisées pour informer et accompagner les entreprises. Le MEDEF Bretagne réunissait ainsi chaque semaine, par visioconférence, les présidents et délégués généraux des 4 MEDEF départementaux et des 18 branches régionales lesquels informaient ensuite leurs adhérents via différents moyens : visioconférences, mails d’information, réunions thématiques, interventions individuelles auprès de tel ou tel interlocuteur, etc.

Nous avons aussi tenu à recenser les attentes des entreprises pour les relayer auprès des pouvoirs publics afin que les décisions nécessaires soient prises.

Nous avons vécu et vivons une période inédite qui a justifié et justifie une mobilisation intégrale sans précédent, certes pour les entreprises mais aussi pour la nation, et bien entendu pour la Bretagne.

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

L’acronyme FEB réunit 3 mots magiques : forum – économie – Bretagne.

Tout d’abord Forum. Étymologiquement, le mot Forum désigne, en latin, une place publique d’échange. Et donc le FEB se veut être le lieu d’échanges, de rencontres, d’interactivité entre les acteurs économiques, les chefs d’entreprise mais aussi les décideurs publiques, institutionnels, politiques, qui ont un impact direct ou indirect sur l’économie bretonne. Le FEB porte donc cette ambition et en qualité de représentant des entreprises bretonnes, j’ai tenu, dès mon élection, le 6 février dernier, à la présidence du MEDEF Bretagne, à ce que le MEDEF Bretagne soit un partenaire actif, engagé du FEB.

La crise du COVID a montré que l’économie bretonne avait été l’économie régionale qui avait le mieux résisté, sans doute grâce à la forte présence de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Nous devons nous en réjouir. Nous avons peut-être aussi mieux résisté parce que l’écosystème breton a ses particularités comme cette culture de travail collaboratif. On se connaît et on travaille ensemble. Cela s’est vu au travers du prêt de main d’œuvre que plusieurs entreprises ont initié. Des salariés d’entreprises alors en baisse d’activité sont allés travailler dans des entreprises ayant besoin de salariés supplémentaires. Cet exemple, dont je ne suis pas sûr qu’il ait été mis ainsi en œuvre dans d’autres régions, est un révélateur de l’état d’esprit breton. Nous devons le cultiver.

 Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

La baisse d’activité a montré à quel point l’entreprise, l’activité économique, le travail, étaient nécessaires à l’équilibre de la société et des individus qui la composent. En même temps, est apparue la nécessité de mieux prendre en compte le défi environnemental et en premier lieu climatique, avec notamment la volonté de produire et consommer « local » en le conjuguant avec une forte aspiration au bien-être. 30 % des cadres parisiens aspirent à quitter Paris et beaucoup rêvent de venir en Bretagne.

Il me semble que la Bretagne, compte tenu de tous ces éléments, dispose d’atouts considérables, peut-être les meilleurs de toutes les régions françaises. Dès lors, il me semble que la thématique de fond est la suivante : comment faire pour permettre aux entreprises bretonnes de gagner en compétitivité, en performance économique, environnementale, sociale afin de produire en Bretagne, afin de consommer « breton », d’exporter « breton » et de pouvoir travailler en Bretagne ?

Notre région est magnifique, elle nous unit tous et nous devrons œuvrer à son attractivité.