Maurice Bourrigaud, Directeur général de BPGO : « Faire de la Bretagne une véritable terre d’expérimentation »

Comment avez-vous traversé la crise sanitaire avec vos équipes ces derniers mois ?

Les 3000 collaborateurs de BPGO sont présents sur 400 sites dans douze départements. Nous sommes restés ouverts à plus de 90% et nous avons eu recours au télétravail lorsque c’était indispensable, notamment pour les 800 salariés du siège. Nous avons toujours privilégié le lien direct avec les clients, physiquement dans les agences, pour offrir une écoute empathique tout en préservant notre obligation de secret professionnel. Dans un autre registre, nous accélérerons la prise d’initiative de nos collaborateurs en leur permettant de proposer des solutions innovantes, en s’emparant d’un sujet, par petits groupes. Cela bouscule le fonctionnement traditionnel, mais les résultats sont là : l’innovation managériale démultiplie les forces, en rendant l’initiative possible, parce qu’elle est désirée.

Quels enseignements tirez-vous de la période inédite dans laquelle se trouve l’économie ?

J’observe une volonté très forte d’expérimenter, en particulier dans nos territoires de l’Ouest. C’est un mouvement de fond, profitons-en pour être volontaristes et très concrets. D’autant que les acteurs politiques, économiques et l’Administration me paraissent alignés sur l’intention. Les temps à venir vont être à la fois chahutés à l’instar d’une météo de plus en plus instable. Il faut être solides sur ses fondamentaux car nous connaîtrons des pics d’activités suivis de périodes de sous-activité épisodiques. Il va falloir s’y préparer. Pour nombre de métiers, le numérique et le Digital aideront parfois, mais nous devrons inventer de nouvelles activités (avec des revenus associés) pour pallier la disparition de nombre d’emplois salariés. L’innovation dans les mobilités, pour l’organisation du travail et en termes de nouvelles solidarités, des expérimentations « territoire zéro chômeur de longue durée », pour donner une deuxième vie des objets, pour la réparation des deux roues, la production locale d’énergie décarbonnée, le renforcement d’écosystèmes hyperlocaux…

La Bretagne terre de mille possibles.

Qu’entendez-vous par « solide sur ses fondamentaux » ?

Je rencontre chaque semaine deux à trois chefs d’entreprise et je constate qu’ils ne veulent le plus souvent rien céder sur leurs fondamentaux. La tentation existe pourtant. Or, il s’agit de répondre à une question toute simple :  qu’est-ce qui me rend plus fort ? Les fondamentaux d’une entreprise, grande ou petite, ne doivent pas forcément être très nombreux. Ils s’identifient, s’écrivent, se partagent avec les équipes. Ils s’adressent aux fournisseurs (dont le financement), aux clients, à l’organisation de l’entreprise. Les fondamentaux adressent aussi ce que l’on souhaite apporter de positif au territoire, à son écosystème.

En tant que partenaire, qu’attendez-vous du Forum Economique Breton ?

J’en attends une énergie qui valorise les initiatives et les synergies qui fonctionnent vraiment. J’en attends un souffle, idéalement avec des échéances et du concret ! Le FEB, c’est une occasion unique d’être à l’écoute des autres entrepreneurs Bretons et de se mettre en action.

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Hervé Lelarge, Directeur régional Bpifrance Bretagne : « Le FEB fait se rencontrer le meilleur du public et du privé »

Comment avez-vous traversé la crise, avec vos équipes ?

Nous vivons une période inédite et totalement intense depuis le début du confinement. Chez BpiFrance, nous avons été mobilisés dans les tout premiers jours, pour répondre aux très nombreux appels de chefs d’entreprise, mais aussi d’artisans et de commerçants, qui nous contactaient via le numéro vert mis en place au niveau national. Ce fut une période très intense pour les équipes, qui ont dû faire face à plusieurs milliers d’appels en quinze jours. Il fallait rassurer, expliquer, réorienter. Ensuite, BpiFrance a mis en place des outils financiers dédiés à la crise du Covid, notamment le prêt Rebond, conçu en lien avec les services de la région Bretagne. Ce fut le premier lancé en France, il a déjà bénéficié à 200 entreprises bretonnes, pour un montant total de 15 millions d’euros, avec des prêts compris entre 10.000 et 50.000 euros.

Comment s’est déroulée cette mobilisation ?

Nous avons simplifié et digitalisé toutes nos procédures en quelques jours, ce qui représente une sacrée révolution dans le monde de la banque ! Nos équipes ont été associées à la mise en place du PGE (prêt garanti par l’Etat), elles ont réalisé la plateforme Résistance, avec la Banque des Territoires, la région Bretagne et les quatre départements… Nous sortons de trois mois particulièrement denses, à tous les niveaux, y compris humains, qui ont révélé notre capacité à créer des produits nouveaux en quelques jours, grâce aux liens de confiance établis avec tout l’écosystème breton, public et privé, les élus, les administrations, les entreprises… En retour, nous recevons de réelles preuves de reconnaissance de nos clients et de nos partenaires. Nous ressortons grandi de cette épreuve.

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

Traditionnellement, BpiFrance fait peu de communication en région. Mais ce qui m’a plus dans le FEB, c’est l’idée de faire se rencontrer le meilleur du public et du privé, c’est comme cela que cela marche en Bretagne ! Le FEB entend défendre l’attractivité économique bretonne, c’est un vrai sujet auquel les chefs d’entreprise doivent être attentifs, tout particulièrement en cette période. 

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

Notre raison d’être, chez BpiFrance, c’est l’accompagnement et le financement des entreprises. La thématique des transitions nous tient particulièrement à cœur : nous avons pour ambition d’être la banque du climat. Les chefs d’entreprises doivent aller plus loin dans la transformation de leurs activités, nous allons les accompagner avec des outils dédiés. La question de la relocalisation et de l’industrie est également essentielle, pour le maintien de l’emploi dans les territoires, avec un enjeu social fort.

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Une attractivité renforcée pour refonder notre vitalité économique

2 mois et demi à l’arrêt. Des chiffres d’affaires en chute libre dans certains secteurs : le commerce, la construction, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration bien sûr, mais aussi tous les autres secteurs qui ont tous subi la crise de plein fouet. Une hausse jusqu’ici jamais atteinte de 30,1% de chômeurs de catégorie A, qui impacte comme partout ailleurs plus spécifiquement les jeunes. Le moral des chefs d’entreprise et des jeunes entrepreneurs au niveau le plus bas jamais atteint non plus. Des emprunts garantis par l’Etat contractés à hauteur de 1,6 milliard d’euros par les entreprises bretonnes et spécialement par les TPE- PME, au cœur de la vie économique. Dans pareil contexte, il ne faut pas qu’il s’agisse ici simplement de reculer pour mieux sauter…

Certes, l’économie bretonne aurait été moins touchée que les autres (activité globale en recul de 31% sur la période, contre 33% en moyenne dans le pays). Merci en passant à l’industrie agro- alimentaire dont l’activité n’a reculé que de 5%, toute occupée qu’elle était, comme à l’habitude, à nourrir le territoire et tout le pays. C’est une de nos forces décisives pour l’ensemble du territoire et il convient d’en prendre soin. Mais, comme dans un avion, il faut plusieurs moteurs et beaucoup de nos réacteurs sortent à peine, et péniblement, de la panne géante qui nous a tous impactés.

Il nous faut donc réfléchir et agir pour le court et le moyen terme afin de rebondir et relancer nos moteurs. Tout comme en médecine il y a la médecine de catastrophe et la médecine réparatrice il y a à prendre, au niveau économique, des mesures d’urgence vitale et, des mesures réparatrices. Beaucoup des mesures possibles de la première catégorie ont été adoptées en responsabilité par l’Etat et la Région. Elles sont déjà à l’œuvre dans différents secteurs et de différentes façons.

Le rôle du FEB, de ses partenaires et de ses acteurs est de proposer sur 3 problématiques majeures, des mesures réparatrices nouvelles et complémentaires, très rapidement opérationnelles pour :

  • Consolider et pérenniser le « retour aux affaires » des entreprises qui ont souffert, les TPE et les PME de nos différents secteurs. A côté des dispositifs de soutien déjà mis en œuvre, avec quel concours d’une commande publique plus simple et plus rapide ? Avec quelles idées nouvelles pour booster la solidarité inter- entreprises bretonnes ? Avec quels dispositifs rapides de financement et selon quels critères ?

 

  • Relancer plus globalement une politique concertée d’attractivité économique du territoire et encourager de nouvelles entreprises à s’installer en Bretagne. Quels atouts faire valoir ou créer, quels profils et secteurs privilégier compte tenu de nos forces et comment développer et déployer cette approche, offres singulières et compétitives à l’appui (infrastructures, mesures d’incitation à l’accueil, politique de communication) ?

 

  • Réveiller et encourager l’envie d’entreprendre en Bretagne, ici et maintenant en soutenant les jeunes (et les moins jeunes) dans leurs initiatives ? Comment redonner énergie et dynamisme aux entrepreneurs ? Quelles nouvelles passerelles facilitatrices et encourageantes créer entre écoles, partenaires privés, partenaires financiers et partenaires publics ?

Le FEB, au-delà des mises en relations inédites qu’il favorisera, aura réussi sa mission s’il réussit à dégager des idées et solutions nouvelles et concrètes à mettre en œuvre, dès septembre, dans ces 3 dimensions.

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