Le FEB, pour Faire Ensemble la Bretagne

Les yeux brillaient au-dessus des masques de rigueur, ce 9 septembre à Saint-Malo, et ce n’était pas seulement dû à la fatigue et à la concentration. L’émotion partagée par tous les participants était palpable à l’issue de cette première édition du Forum Economique Breton. Cet événement venait de loin, il a su se réinventer malgré les vicissitudes du temps. Il a, au sens premier du terme, « fait du bien ».

Journaliste économique rennais, j’ai eu le privilège de participer à la coordination éditoriale du FEB et à son animation. Au printemps, après le report de l’édition initialement prévue en avril, nous avons entièrement repensé la programmation pour tenir compte du contexte inédit de cette année de tous les dangers. Avec un objectif à la fois simple et ambitieux, partagé par tous les partenaires : ce rendez-vous, le premier événement économique post-confinement en Bretagne, se devait d’être sobre, concret et constructif.

Créer des ponts

Durant ces deux jours, j’ai pu mesurer combien le FEB répondait à une attente forte des acteurs économiques bretons, publics et privés. Plus que jamais, se retrouver était indispensable. Partager, échanger sur l’essentiel s’imposait en cette rentrée compliquée. Loin des grand-messes aseptisées ou des shows superficiels, le FEB a mis en lumière des initiatives d’homme et de femmes engagées dans leur territoire, soucieux de l’intérêt général et du bien commun. Sans éluder les difficultés actuelles, mais toujours avec le souci de créer des ponts entre les secteurs et les acteurs.

C’est un vent porteur qui a soufflé sur le Palais du Grand Large durant ces deux journées, avec l’envie forte de « Faire Ensemble la Bretagne », au-delà des clivages habituels et en prenant en compte les indispensables transitions à venir. Un élan qu’il va désormais falloir accompagner dans la durée, jusqu’à la prochaine édition, avec méthode et imagination. Avec le FEB, nous nous sommes aussi sentis Fiers d’Etre Breton !

Xavier Debontride

Hervé Kermarrec, président du MEDEF Bretagne : « Nous vivons une période inédite qui justifie une mobilisation intégrale »

Comment avez-vous traversé la crise, avec vos équipes ?

Le MEDEF Bretagne réunit les 4 MEDEF départementaux bretons, 18 branches professionnelles régionales représentant la quasi-totalité de l’économie bretonne, et 3 membres associés que sont la SNCF, EDF et ENEDIS. L’ensemble réunit 20 000 entreprises employant plus de 300 000 salariés. 98 % de nos adhérents sont des PME qui avaient un fort besoin d’information et d’accompagnement.

Notre mission première fut d’informer ces entreprises sur la situation, les dispositifs mis en place, les droits qui étaient les leurs compte tenu du caractère unique, inédit, de cette situation. Nos MEDEF départementaux et nos branches professionnelles régionales se sont démultipliés pour accompagner leurs adhérents. Nous avons aussi recensé les attentes, les besoins de nos adhérents afin d’établir un plan d’accompagnement et de relance à destination des pouvoirs publics afin que les mesures attendues et si nécessaires, soient prises, par l’État, par l’État en région et par le Conseil régional (parfois en partenariat avec les EPCI). Cette crise a mis en évidence toute l’utilité d’organisations telles que les nôtres qui doivent informer, accompagner leurs adhérents mais aussi porter leur voix auprès des pouvoirs publics afin que ceux-ci prennent les décisions les plus adaptées compte tenu des circonstances.

 Comment s’est déroulée cette mobilisation ?

Cette mobilisation fut totale. Les équipes du MEDEF Bretagne, des MEDEF départementaux et des branches régionales se sont totalement mobilisées pour informer et accompagner les entreprises. Le MEDEF Bretagne réunissait ainsi chaque semaine, par visioconférence, les présidents et délégués généraux des 4 MEDEF départementaux et des 18 branches régionales lesquels informaient ensuite leurs adhérents via différents moyens : visioconférences, mails d’information, réunions thématiques, interventions individuelles auprès de tel ou tel interlocuteur, etc.

Nous avons aussi tenu à recenser les attentes des entreprises pour les relayer auprès des pouvoirs publics afin que les décisions nécessaires soient prises.

Nous avons vécu et vivons une période inédite qui a justifié et justifie une mobilisation intégrale sans précédent, certes pour les entreprises mais aussi pour la nation, et bien entendu pour la Bretagne.

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

L’acronyme FEB réunit 3 mots magiques : forum – économie – Bretagne.

Tout d’abord Forum. Étymologiquement, le mot Forum désigne, en latin, une place publique d’échange. Et donc le FEB se veut être le lieu d’échanges, de rencontres, d’interactivité entre les acteurs économiques, les chefs d’entreprise mais aussi les décideurs publiques, institutionnels, politiques, qui ont un impact direct ou indirect sur l’économie bretonne. Le FEB porte donc cette ambition et en qualité de représentant des entreprises bretonnes, j’ai tenu, dès mon élection, le 6 février dernier, à la présidence du MEDEF Bretagne, à ce que le MEDEF Bretagne soit un partenaire actif, engagé du FEB.

La crise du COVID a montré que l’économie bretonne avait été l’économie régionale qui avait le mieux résisté, sans doute grâce à la forte présence de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Nous devons nous en réjouir. Nous avons peut-être aussi mieux résisté parce que l’écosystème breton a ses particularités comme cette culture de travail collaboratif. On se connaît et on travaille ensemble. Cela s’est vu au travers du prêt de main d’œuvre que plusieurs entreprises ont initié. Des salariés d’entreprises alors en baisse d’activité sont allés travailler dans des entreprises ayant besoin de salariés supplémentaires. Cet exemple, dont je ne suis pas sûr qu’il ait été mis ainsi en œuvre dans d’autres régions, est un révélateur de l’état d’esprit breton. Nous devons le cultiver.

 Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

La baisse d’activité a montré à quel point l’entreprise, l’activité économique, le travail, étaient nécessaires à l’équilibre de la société et des individus qui la composent. En même temps, est apparue la nécessité de mieux prendre en compte le défi environnemental et en premier lieu climatique, avec notamment la volonté de produire et consommer « local » en le conjuguant avec une forte aspiration au bien-être. 30 % des cadres parisiens aspirent à quitter Paris et beaucoup rêvent de venir en Bretagne.

Il me semble que la Bretagne, compte tenu de tous ces éléments, dispose d’atouts considérables, peut-être les meilleurs de toutes les régions françaises. Dès lors, il me semble que la thématique de fond est la suivante : comment faire pour permettre aux entreprises bretonnes de gagner en compétitivité, en performance économique, environnementale, sociale afin de produire en Bretagne, afin de consommer « breton », d’exporter « breton » et de pouvoir travailler en Bretagne ?

Notre région est magnifique, elle nous unit tous et nous devrons œuvrer à son attractivité.

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Sébastien Galodé, Directeur régional Bretagne/Pays de la Loire AG2R La Mondiale : « Prendre le temps de réfléchir »

Comment avez-vous vécu la crise, vous et AG2R LA MONDIALE dans son ensemble, sur votre territoire ?

Nous sommes avant tout un assureur de personne : A ce titre nous assurons le chef d’entreprise, ses salariés jusqu’aux retraités. Nous étions donc très mobilisés durant la crise.

Notre gestion de la crise s’est faite en 3 phases. La première, durant le confinement, a d’abord été d’accompagner en proximité l’ensemble de nos clients.  Nos équipes avaient pour objectif d’appeler chacun de ceux-ci afin de savoir dans quelle situation ils se trouvaient, de les rassurer et de mettre en place les solutions nécessaires.

La deuxième phase a consisté à préparer la sortie du confinement. Nous avons pour cela développé 70 nouveaux services afin de répondre aux différents besoins, comme une solution de soutien psychologique, ou des services dédiés aux EHPAD afin d’accompagner les personnes en grande fragilité mais aussi les établissements. Nous avons également financé des masques pour des associations d’aide à domicile, ou encore sollicité des partenaires pour soutenir l’équipement des entreprises.

Enfin, dès le mois de juin, nous avons commencé à reprendre des rendez-vous. La période nous a permis de développer tout notre pan digital, et nous avons fait en 4 mois ce que nous n’aurions peut-être pas réussi en 3 ans. Nous sommes néanmoins toujours des animaux sociaux, et nous avons besoin de nous voir et de nous rencontrer. Nous avons donc préparé au mois de juin le retour auprès de nos clients et prospects dans l’accompagnement des différents dispositifs, notamment sur la loi PACTE.

Aujourd’hui, nous assistons à un retour « normal » à l’activité, même si nous ne rattraperons jamais ce que nous n’avons pas fait.  Nous espérons que l’accompagnement et les services développés ont été perçus de manière positive et ont été à la hauteur des attentes.

Quelle vision avez-vous des perspectives de fin d’année pour les entreprises bretonnes ?

Nous assurons aujourd’hui 120 branches professionnelles dont certaines ont traversé, voire bien traversé la crise, notamment les entreprises de la distribution, de l’agroalimentaires, mais il y a aussi malheureusement des secteurs qui sont plus en souffrance, notamment l’hôtellerie, la restauration et l’événementiel (catastrophique).

Notre vison, c’est qu’il y a globalement un rebond plutôt meilleur que ce que nous anticipions en matière de reprise d’activité. Certains secteurs comme l’automobile repartent même très bien. Les français ont épargné massivement par crainte du lendemain. Selon les dispositifs mis en place par l’état celle-ci peut contribuer à la relance de l’économie. Les perspectives d’ici la fin d’année sont plutôt bonnes selon les secteurs d’activités.  A moyen terme, tous les acteurs attendent de voir le début d’année 2021 avec le remboursement des PGE et de l’ensemble des aides qui ont permis aux entreprises de traverser cette période difficile. Dans le même temps, quelle sera l’évolution de la pandémie nul ne le sait. Il est donc très complexe de se prononcer sur l’avenir face à tant d’incertitudes.

Quelles sont les raisons de la participation d’AG2R LA MONDIALE au FEB ?

Nous avons un beau maillage territorial et nous sommes partenaires des grandes organisations, qu’elles soient professionnelles, patronales, salariales ou consulaires : nous avons une vraie proximité avec les entreprises. Nos salariés sont attachés à la région et nous nous revendiquons bretons. Notre métier est d’être proche de ce qui fait la richesse du territoire, à savoir les entreprises et les hommes. Le FEB est un lieu de réflexion sur le développement de la Bretagne, nous sommes ravis d’en faire partie et de contribuer à cette réflexion.

Le FEB c’est l’intelligence multiple des entreprises, des institutions, des collectivités du territoire de toutes les représentations et nous avons tous notre rôle.

Le FEB permet ce temps d’échange : durant deux jours, nous pouvons prendre le temps de réfléchir, de coconstruire et collaborer tous ensemble. Si nous sommes bons, nous devrions en sortir une feuille de route concrète pour les années à venir, quelques trajectoires pouvant permettre le développement continu de la Bretagne mais aussi son désenclavement. Quand on voit la position des aéroports, des ports, le Brexit, tout l’environnement de notre région est fortement impacté par les considérations nationales et internationales et notre destin nous l’avons entre nos mains, nous, en Bretagne, par les acteurs de la Bretagne.

Quelles sont les thématiques sur lesquelles AG2R LA MONDIALE souhaite s’engager plus particulièrement ?

Aujourd’hui, nous nous engageons pour l’emploi en Bretagne, nous travaillons avec des associations et menons des actions sur l’inclusion. Nous avons également un axe de travail sur le sujet de l’habitat où il y a encore beaucoup à faire. Enfin le bien vieillir, le nombre de retraités ne cessent de croitre.  La Silver Economie est une source de développement économique pour la Bretagne.

Enfin on parle beaucoup de l’entreprise, du monde économique, mais il ne faut pas oublier le chef d’entreprise en tant que personne. Dans ce contexte, nous nous engageons auprès de lui pour lui apporter le meilleur conseil et la meilleure vision dans le cadre du développement de son entreprise. Une entreprise qui se développe, cela passe aussi par un chef d’entreprise bien dans ses baskets, c’est pourquoi nous devons lui apporter et développer les services nécessaires pour qu’il soit serein et s’occupe au mieux de son entreprise, ses salariés, ses clients.

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Le Forum Economique Breton ou l’expression d’une forme d’unité bretonne

En cette rentrée si particulière, tout le monde parle de relance. Tant mieux.

Tout le monde parle de la nécessaire articulation de l’action de l’État avec celle des territoires pour agir au plus près des secteurs et acteurs profondément et durement touchés par la crise économique née de la crise sanitaire. On annonce des mesures, des plans et des millions. Tant mieux.

Le pays, l’économie en ont besoin.

Mais il est un lieu où l’on réunit ici et maintenant, tout de suite, les secteurs public et privé pour témoigner ou trouver des solutions nouvelles, pour fédérer les acteurs et les initiatives de terrain, pour aller plus vite au service de la relance économique du territoire. Un moment où l’on décide de prendre sur son temps pour « jouer collectif ».

Et cela ne se passe nulle part ailleurs qu’en Bretagne. Surprenant ? Pas vraiment.

En cela le Forum Economique Breton, l’intérêt qu’il suscite et la qualité et la diversité de ses participants témoignent d’une forme d’unité bretonne jamais démentie à travers le temps et spécialement dans les moments difficiles. Ce forum, par sa tenue dans des conditions sanitaires et économiques compliquées, porte avec lui ces idées d’exemplarité et de singularité bretonne dans lesquelles tout un territoire peut se retrouver et y trouver, justement, la force et les ressources dont il a besoin. Les temps à venir ne vont pas être faciles et ne rien tenter de plus ensemble et tout de suite serait irresponsable.

« La victoire est en nous » disait l’équipe de France de Football.

La relance est en nous peut dire aujourd’hui l’équipe de Bretagne.

Bon FEB à tous !

Christian Pousset,
Secrétaire Général du FEB.

Karim Essemiani, Président fondateur de GwenneG : « La période actuelle offre des opportunités de consolidation »

Comment avez-vous vécu la crise sanitaire, quelle a été son impact sur votre activité ?

C’est une période inédite que nous vivons actuellement, à l’échelle planétaire. L’impact est d’abord économique avec un arrêt quasi-instantané d’une majeure partie des activités de production et de services. Pour notre part, nous avons effectué dans un premier temps une revue de notre portefeuille d’entreprises financées afin de s’assurer de leur situation financière et les accompagner dans les processus de financements complémentaires (PGE, reports d’emprunts, levées de fonds). À ce titre, je précise que GwenneG est agréé comme organisme de financement portant le Prêt Garanti par l’État en tant qu’Intermédiaire en Financement Participatif, au même titre que les banques.

Concernant les projets en cours de financement, l’activité ne s’est jamais arrêté, bien au contraire car la période actuelle se prête très bien à des prises de parts de marché avec des opportunités de consolidation. C’est paradoxal, mais bien réel !

Quelle analyse faite vous de la situation économique bretonne en cette rentrée à hauts risques ?

De nombreuses entreprises bretonnes ont su et pu rebondir rapidement grâce, en bonne partie, aux mécanismes de report d’emprunt et de Prêt Garantie par l’Etat, soulageant ainsi la trésorerie des entreprises. L’impact de la crise sanitaire se fera clairement sentir avec un report de certains contrats et projets en 2021, en particulier en BtoB. Les activités BtoC seront potentiellement impactées de façon plus conséquente, en particulier les activités de commerce de proximité. La principale problématique ne sera pas le retour ou pas à un niveau d’activité normal, mais bel et bien une forte tension sur la trésorerie ainsi que les risques d’impayés.

Pour quelles raisons êtes-vous partenaire du Forum Économique Breton et qu’en attendez-vous ?

Nous sommes partenaires du Forum Économique Breton depuis le 1er jour, et aujourd’hui encore plus qu’hier dans le contexte du COVID-19 ! L’ADN de GwenneG, c’est la solidarité entrepreneuriale bretonne au service du développement économique breton. Dans le contexte actuel, c’est un devoir que de participer activement à la réindustrialisation de nos territoires et au soutien des filières d’avenir, créatrices de richesses et d’emplois locaux pérennes.

À quelle thématique particulière souhaitez-vous contribuer ?

Le partenariat institutionnel/privé et le financement des entreprises sont deux piliers de notre démarche, nous défendons cette approche puisque nous avons collecté à date plus de 32 Millions d’euros de fonds privés avec un effet levier de 1€ pour 2€, soit plus de 96 Millions d’euros à destination des entreprises régionales. La redynamisation de nos territoires nécessitera la mobilisation de l’ensemble des forces vives institutionnelles et privées, et GwenneG sera présent.

Hélène Bernicot, Directrice Générale d’Arkéa : « Le FEB est un catalyseur sur le temps long du « faire ensemble » »

Comment avez-vous traversé la crise, avec vos équipes ?

Cette crise a mis en exergue le rôle essentiel des banques qui, en tant qu’opérateurs d’importance vitale, ont été la courroie de distribution des dispositifs de soutien à l’économie mis en place par le gouvernement et les autorités européennes. Le groupe Arkéa, en quelques jours a dû se mettre en ordre de marche pour assurer les activités essentielles tout en préservant la santé de ses sociétaires clients et collaborateurs. La crise a été un accélérateur de la transition numérique  et des modes de travail  avec pour le groupe Arkéa,  près de 10 000  collaborateurs  mis en situation de travail à distance, en quelques jours seulement et également un accélérateur de l’animation de la relation clientèle à distance avec une digitalisation accrue au service de l’expérience client. Cette crise est également la démonstration des atouts de la proximité relationnelle et de la réactivité qu’elle permet. Le groupe Arkéa, avec la singularité d’être un établissement financier de plein exercice qui maintient ses centres de décision en régions, a pu démontrer toute sa pertinence.

Comment s’est déroulée cette mobilisation ?

Cette mobilisation s’est traduite par un engagement exemplaire et une agilité exceptionnelle dont ont su faire preuve  les équipes du groupe Arkéa aux côtés de nos sociétaires et clients. Les reports d’échéances ainsi que le déploiement à grande échelle du Prêt Garanti par l’État ont permis d’apporter une réponse immédiate et efficace aux difficultés de trésorerie qu’ont pu rencontrer les entrepreneurs. Nous avons également mis en œuvre des mesures spécifiques pour nos sociétaires et clients particuliers, associations qui ont pu être confrontés à des situations d’urgence liées au ralentissement économique et à la mise sur pause  des activités culturelles, sportives ou sociales. Arkéa est un groupe bancaire coopératif, et dans ces circonstances exceptionnelles et inédites, il en va de notre responsabilité d’apporter toute l’attention et la bienveillance nécessaires à l’ensemble de nos clients, de faire preuve de réactivité et de créativité dans nos solutions.

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

Le groupe Arkéa s’est tout naturellement associé au projet du 1er Forum Économique Breton.
Notre ancrage territorial, nos valeurs coopératives et humanistes, les liens de confiance et de proximité que nous entretenons avec les parties prenantes de notre écosystème prennent tout leur sens aujourd’hui dans cette phase de refondation de La Bretagne.
C’est ensemble, en renforçant les collaborations publiques-privées, en créant aussi de nouvelles formes de solidarité, que nous soutiendrons durablement l’économie et le dynamisme des territoires. C’est pour toutes ces raisons, que nous nous sommes retrouvés dans l’état d’esprit du Forum économique Breton, qui n’est pas un événement éphémère mais un catalyseur sur le temps long du « faire ensemble » pour un territoire qui gagne.

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

Nous voulons être acteur d’un monde qui se conçoit sur le long terme et prend en compte les grands enjeux sociétaux et environnementaux de notre planète pour les prochaines générations. Aujourd’hui, une entreprise ne peut plus raisonner aux seules bornes de son compte de résultat. Face à des enjeux sociétaux et environnementaux qui la concernent et la dépassent, il est de sa responsabilité de contribuer sincèrement à relever les défis de l’époque et de ses territoires. La performance est devenue globale, bien évidemment financière mais également dans sa contribution extra-financière. Une performance globale, c’est donc une performance à la fois économique, sociétale et environnementale, celle d’une entreprise qui agit en proximité, en écoute et répond aux besoins des personnes et de ses territoires de façon pertinente.  Les thématiques clés que nous porterons lors du 1er FEB, seront Relocalisation et maintien des centres de production/décision en région, Transition environnementale et Solidarités.

Sébastien Ramos, délégué régional Engie en Bretagne : « Il ne faut surtout pas opposer grands groupes et PME »

Comment avez-vous vécu la crise sanitaire avec vos équipes ?

En Bretagne, Engie emploie 2.512 collaborateurs au sein de ses différentes entités qui exercent des métiers variés, dans le domaine de l’énergie et les services associés. Ainsi, durant la crise, nos équipes ont assuré la sécurité de de la distribution de l’énergie, gaz et électricité. Nous avons eu également des collaborateurs sur le front, auprès des hôpitaux, des Ehpad, les industries agroalimentaires (…) pour garantir le bon fonctionnement de ces établissements en matière énergétique. Ces missions ont suscité une réelle fierté d’appartenance au groupe.

Tout n’a pas été facile pour autant.

En effet, la crise sanitaire a entrainé des difficultés auxquelles nous n’étions pas habitués : dans certaines branches, plus de la moitié de nos collaborateurs s’est retrouvée en congés obligatoires ou en chômage partiel durant cette période, ce qui était inédit et donc assez difficile pour les équipes. Nous avons également veillé à ce que cette situation soit vécue de manière égalitaire par tous, agents de terrain et personnel de bureau, du technicien au cadre, ce qui a représenté un vrai challenge managérial.

Enfin, durant toute la crise du Covid, Engie a déployé de nombreuses actions solidaires sur l’ensemble du territoire national. En Bretagne, nous avons soutenu des associations pour venir en aide aux étudiants les plus précaires, par exemple. Toutes ces initiatives ont été relayées en interne via les canaux d’information digitaux, et les collaborateurs d’Engie ont vraiment eu le sentiment d’avoir été, collectivement, à la hauteur des enjeux dans cette période compliquée.

Pourquoi Engie est-il partenaire du Forum Économique Breton ?

Nous souhaitons être présents à Saint-Malo les 8 et 9 septembre parce que nous sommes un acteur économique régional, avec un attachement collectif fort à la Bretagne, une région à forte identité. Nous participons au FEB afin de montrer à nos parties prenantes que nous sommes un partenaire du territoire, un acteur au service du développement économique breton. Personnellement, je crois beaucoup aux vertus du désilotage, afin que chacun puisse apporter ses forces et ses complémentarités. Il ne faut surtout pas opposer grands groupes et PME, mais au contraire comprendre les spécificités de chaque acteur économique, en apprenant à mieux se connaitre. Le FEB peut aussi favoriser ce dialogue indispensable.

Quelles sont les thématiques qui vous intéressent le plus ?

Je suis particulièrement sensible aux questions liées aux transitions et aux solidarités. Les transitions, c’est l’ADN de notre groupe, ce n’est pas un mot à la mode ! Nous devons collectivement nous adapter à la nouvelle économie de production des usages. Quant aux solidarités, elles ne dépendent pas uniquement de l’ampleur de la contribution financière apportée. Je considère qu’une PME peut parfois faire beaucoup plus, à son échelle, par la qualité de son engagement et son rapport au territoire, qu’une grande entreprise plus éloignée des réalités du terrain. Chez Engie, nous cherchons à conserver cette proximité, en particulier ici, en Bretagne.

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Hervé Lelarge, Directeur régional Bpifrance Bretagne : « Le FEB fait se rencontrer le meilleur du public et du privé »

Comment avez-vous traversé la crise, avec vos équipes ?

Nous vivons une période inédite et totalement intense depuis le début du confinement. Chez BpiFrance, nous avons été mobilisés dans les tout premiers jours, pour répondre aux très nombreux appels de chefs d’entreprise, mais aussi d’artisans et de commerçants, qui nous contactaient via le numéro vert mis en place au niveau national. Ce fut une période très intense pour les équipes, qui ont dû faire face à plusieurs milliers d’appels en quinze jours. Il fallait rassurer, expliquer, réorienter. Ensuite, BpiFrance a mis en place des outils financiers dédiés à la crise du Covid, notamment le prêt Rebond, conçu en lien avec les services de la région Bretagne. Ce fut le premier lancé en France, il a déjà bénéficié à 200 entreprises bretonnes, pour un montant total de 15 millions d’euros, avec des prêts compris entre 10.000 et 50.000 euros.

Comment s’est déroulée cette mobilisation ?

Nous avons simplifié et digitalisé toutes nos procédures en quelques jours, ce qui représente une sacrée révolution dans le monde de la banque ! Nos équipes ont été associées à la mise en place du PGE (prêt garanti par l’Etat), elles ont réalisé la plateforme Résistance, avec la Banque des Territoires, la région Bretagne et les quatre départements… Nous sortons de trois mois particulièrement denses, à tous les niveaux, y compris humains, qui ont révélé notre capacité à créer des produits nouveaux en quelques jours, grâce aux liens de confiance établis avec tout l’écosystème breton, public et privé, les élus, les administrations, les entreprises… En retour, nous recevons de réelles preuves de reconnaissance de nos clients et de nos partenaires. Nous ressortons grandi de cette épreuve.

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

Traditionnellement, BpiFrance fait peu de communication en région. Mais ce qui m’a plus dans le FEB, c’est l’idée de faire se rencontrer le meilleur du public et du privé, c’est comme cela que cela marche en Bretagne ! Le FEB entend défendre l’attractivité économique bretonne, c’est un vrai sujet auquel les chefs d’entreprise doivent être attentifs, tout particulièrement en cette période. 

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur ?

Notre raison d’être, chez BpiFrance, c’est l’accompagnement et le financement des entreprises. La thématique des transitions nous tient particulièrement à cœur : nous avons pour ambition d’être la banque du climat. Les chefs d’entreprises doivent aller plus loin dans la transformation de leurs activités, nous allons les accompagner avec des outils dédiés. La question de la relocalisation et de l’industrie est également essentielle, pour le maintien de l’emploi dans les territoires, avec un enjeu social fort.

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Faire preuve d’imagination pour apporter une réponse solidaire à la crise

Faire société ! En Bretagne nous avons toujours su ce que le mot solidarité voulait dire et surtout à quoi il engageait les uns et les autres. Mais la crise sanitaire que nous venons de vivre a révélé, voire creusé des inégalités que les répliques économiques et sociales à court et moyen terme du Covid et de la période de
confinement ne vont qu’accentuer. Le sujet d’une « réponse solidaire » s’impose à nous tous dans cette
période incertaine qui s’ouvre. D’autant que les semaines inédites qui viennent de s’écouler ont suscité de
nombreuses initiatives solidaires qui ne peuvent que nous inspirer.

Une « réponse solidaire » doit s’organiser face -au moins- à 3 enjeux :

Premier enjeu : celui de la fracture numérique, plus que jamais critique au moment où la dématérialisation
croissante des échanges n’intègre qu’une partie de la population. Une fracture numérique « éducative » d’une
part, qui ne donne pas le même accès à l’enseignement et aux connaissances à tous. Une fracture numérique «
générationnelle » d’autre part, qui conduit beaucoup de nos seniors à se sentir fragiles ou marginalisés face
notamment, à des services publics ou un système de santé de plus en plus dématérialisé.

Beaucoup reste encore à faire dans ces deux domaines dans lesquels il faut mettre « les bouchées doubles »,
au risque de voir se creuser encore plus profondes des inégalités irrattrapables.
Quel véritable plan de déploiement numérique breton mettre en place ? Quels nouveaux financements
mobiliser ? Avec quelles nouvelles alliances d’acteurs privés, publics et associatifs ?

Deuxième enjeu : celui de l’accès au logement et à la mobilité pour tous : pour être attractif, compétitif et
favoriser l’emploi notre territoire doit offrir de meilleures conditions d’habitation et de déplacements, plus
diversifiés.

Ce sont des chantiers de plus long terme mais auxquels il faut se réattaquer dès à présent, dans un
mouvement cohérent et coordonné entre les différentes parties prenantes afin d’être efficace face aux enjeux
de relocalisation et de réindustrialisation. Sans oublier ceux de la consolidation de notre attractivité en tant
que territoire d’accueil, et bien sûr au regard de notre vivre ensemble.

De quelles expériences et initiatives des différents acteurs s’inspirer ? Quelles nouvelles idées et solutions
proposer ? Quelles nouvelles « alliances » ou task-forces mettre en chantier pour avancer ?

Troisième et dernier enjeu, essentiel : celui de cette réponse solidaire en elle-même. Comment prolonger
et redéployer des solidarités nées, créées pendant la crise ? Notre territoire a vu un grand élan d’énergie se
propager dans les solidarités au quotidien, les solidarités du quotidien. Comment capitaliser sur cet élan,
comment prolonger le mouvement et nous inspirer de ce qui a fonctionné ? Comment, en fait, ne pas s’arrêter
en si bon chemin ?

Plus que jamais, notre territoire a besoin que l’on travaille à ces sujets complémentaires pour
la refondation de notre écosystème économique et social breton dans une perspective de
réussites et de solidarités.

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