La donnée : levier de la transition énergétique

Afin d’accompagner la transition énergétique, la donnée est de plus en plus exploitée par des clients ou des fournisseurs de services. Mais également des collectivités. Ainsi, Brest Métropole lance à l’automne une version enrichie de son cadastre solaire, intégrant un simulateur de raccordement photovoltaïque. Concrètement, Enedis fournit des données de faisabilité et d’estimation de coût du raccordement d’une installation photovoltaïque sous forme d’une API (Application Programming Interface). Cette nouvelle fonctionnalité apportée par Enedis, permet, pour le client, une expérience complète et facilitée pour une première approche d’installation du photovoltaïque. Une première en France !
La mise à disposition de portails de données permet également d’optimiser les installations. Par exemple, au sein de Rennes métropole et Brest métropole, un nouveau service a été mis en place : « Mon éclairage public » qui détecte les pannes et déclenche une intervention plus rapide des services techniques des collectivités. Comment ? L’analyse des données extraites des compteurs Linky est envoyée avant 8h localisant un point en défaut comme la baisse de consommation ou de puissance sur les dernières 24h, qui signifie qu’un défaut est survenu.

Une donnée gérée et protégée au sein du DataDesk

Des règles strictes sont appliquées par Enedis pour le traitement de ces données.
La donnée individuelle de consommation, ou de production, est propriété du titulaire du contrat de fourniture, ou de revente. Enedis la transmet à ce propriétaire, ou à tout Tiers qui aura été mandaté par lui. Ces autorisations sont tracées, et peuvent être contrôlées par Enedis.
Dans le cas d’agrégats de données, par exemple à l’échelle d’un immeuble, d’un quartier, des règles d’anonymisation s’appliquent. Pour des données horaires, il faut un agrégat de 5000 clients minimum pour transmettre cette information.
Un service national, dédié à la gestion des données, le Datadesk, a été créé au sein d’Enedis Bretagne, au cœur d’un écosystème numérique déjà existant et dynamique. Implanté à Rennes, il réunit 12 personnes.

Enedis est ainsi le fournisseur fiable de données pour une création de solutions de maitrise des consommations.

Grégoire Chauvière Le Drian, Responsable du bureau du Groupe BEI en France : « Le « monde d’après » devra s’appuyer sur le dynamisme des régions en faveur de la transition énergétique »

Comment avez-vous traversé la période de la crise sanitaire, avec vos équipes de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ?

Nous sommes une institution européenne qui emploie plus de 3000 personnes, basée à Luxembourg. Notre bureau français compte 11 collaborateurs. Nous avons pris très tôt des mesures vis-à-vis des collègues qui venaient des pays touchés par le Covid, avec la mise en place de quarantaine dès le mois de février. Cette crise sanitaire a éprouvé notre organisation. Il a fallu tester notre capacité à assumer le télétravail dans la durée, du point de vue de la sécurité informatique et financière, et cela dès le mois de janvier. Lorsque les mesures de confinement ont été annoncées en France et au Luxembourg, nous étions prêts, nous avons limité le présentiel au strict nécessaire. L’institution n’a pas été en risque. Les équipes ont joué le jeu, cette situation inédite a même dans une certaine mesure renforcé les échanges entre elles.

Quel rôle joue la BEI dans l’après Covid et la relance économique ?

En tant qu’acteur financier public (nos actionnaires sont les Etats membres de l’Union Européenne), nous avons un rôle contracyclique. Nous devions réagir rapidement, en proposant un fonds de garanties de 25 milliards d’euros aux acteurs financiers (banque privées, Bpifrance…). Nous avons une expérience, notamment en France, en matière de transitions énergétique et écologique et aussi d’innovation, sur des secteurs clés : les transports, la rénovation thermique, l’efficacité énergétique, le numérique. En Bretagne, par exemple, nous avons accompagné le groupe Roullier à Saint-Malo, le groupe Olmix dans le Morbihan, la Sill dans le Finistère… En matière d’énergie, nous tenons à accompagner le développement de la filière hydrogène. La BEI a vocation à devenir la banque européenne du climat. Elle a exclu le financement des énergies fossiles et s’est engagée, d’ici à 2025, à consacrer la moitié de ses engagements à la question de la transition écologique, soit plus de 30 milliards d’euros. Et nous nous engageons à ce qu’aucun des projets que nous finançons n’ait un impact négatif sur le climat.

Pourquoi être partenaire du Forum Economique Breton ?

La dimension régionale est très importante dans notre action européenne. Il existe un lien privilégié entre les régions et l’Europe. La région constitue un niveau d’intervention pertinent pour la BEI, notamment pour les infrastructures publiques qui mobilisent plusieurs centaines de millions d’euros. Je pense que le « monde d’après » devra conjuguer adroitement le localisme, et donc la région, avec la dimension européenne. Et nous sommes sensibles à ce que la Bretagne soit convaincue que la transitions écologique et énergétique est un élément favorable à la relance. En ce sens, le FEB peut être le lieu du débat pour investir dans le monde de demain, en accélérant sur ces transitions indispensables.

Envie de participer au FEB ? Inscrivez-vous ICI

Plan de soutien – Déployer des mesures de transition pour éviter les défaillances

Pour les entreprises fermées sur décision administrative et pour les entreprises de moins de 500 salariés, qui ont subi une perte de chiffre d’affaires supérieure à 50% entre le 1er semestre 2019 et le 1er semestre 2020 ou une perte de plus de 70% pendant le confinement et ce quel que soit leur secteur d’activité :

Proposition CPME 1 : Mettre en place un plan d’aides spécifiques. Les entreprises concernées verraient rétablir la prise en charge financière du chômage partiel à 100% jusqu’au 31 décembre. Le report de leurs charges serait transformé en annulation. Une franchise fiscale nationale et locale leur serait accordée jusqu’au 31 décembre 2020

 

Le gouvernement a fait preuve d’une grande réactivité en permettant aux entreprises de bénéficier d’un report, sur simple demande, du paiement des charges sociales. Il n’en reste pas moins que les entreprises ressortent fragilisées. Soulager la trésorerie des entreprises et ne pas obérer leur capacité d’investissement est essentiel si l’on veut accélérer la dynamique de reprise.
Proposition CPME 2 : étaler le remboursement des charges sociales et fiscales reportées sur une période de 3 ans.

 

Les impôts locaux pèsent de plus en plus lourdement sur les TPE et PME. Ce qui signifie que les entreprises contribuent davantage au financement des collectivités territoriales; Les municipalités doivent donc, elles aussi, répondre présentes pour aider les TPE et PME à passer le cap difficile de la reprise.

Proposition CPME 3 : Diminuer de 25% la CVAE (Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises), le CFE (Contribution Foncière des Entreprises) et la TASCOM correspondant à la fraction due au titre des 3 mois sur lesquels est intervenu le confinement. Instaurer une franchise de CFE de 3000€ en 2020.

Feuille de route stratégique CPME

C’est à travers cinq enjeux principaux que seront articulées les actions que la CPME devra mener pour bâtir l’avenir de nos TPE-PME, particulièrement touchées par la crise que nous traversons :
– Axe 1 : Favoriser l’émergence d’un nouveau dialogue social ;
– Axe 2 : Accompagner les PME au cœur des mutations ;
– Axe 3 : Agir pour un environnement favorable aux TPE-PME ;
– Axe 4 : Encourager le développement des entreprises dans les territoires ;
– Axe 5 : Développer le poids et le rayonnement de la CPME.

Hugues Meili, PDG de Niji, président de BDI : « Face à la crise, l’heure est à agir en mode commando »

Comment avez-vous vécu, vous et vos équipes, la période de confinement et la crise sanitaire ?

Dès les premiers jours du confinement, nous avons mis les quelques 1000 salariés de Niji et sa filiale Kurmi-Software en télétravail, fermé logistiquement et mis sous alarme tous nos sites d’implantation, et organisé progressivement l’animation et le pilotage de nos équipes afin qu’éloignement physique ne signifie pas trop forte distanciation sociale et que la qualité des livrables pour nos clients soit au rendez-vous. Nos équipes ont été remarquables d’engagement individuel et collectif, de solidarité. En plus de nos quatre valeurs – bienveillance, performance, audace et talent -, quatre éléments clés de comportement ont présidé à toute cette période et continuent à nous guider : frugalité, rapidité, agilité et utilité. Niji est entrée dans la crise armée d’un bilan particulièrement solide, le premier semestre aujourd’hui clôturé ne l’aura pas altéré.

Quels enseignements tirez-vous de cette période inédite pour l’économie bretonne ?

Notre économie est principalement structurée autour d’un grand nombre de PME, très ancrées dans la ruralité de nos territoires où elles jouent un rôle clé d’équilibrage socio-économique, pérennisant le sens et la valeur du travail à l’échelle locale. Ces entreprises ont globalement résisté, elles ont su s’adapter rapidement sous la houlette de dirigeants pragmatiques, soucieux à la fois de leurs équipes et de leurs clients. Mais au-delà d’une médiatisation forte de la résilience de certains secteurs emblématiques tels que l’agroalimentaire, toutes auront à assumer des impacts forts sur leurs comptes de résultats. Parfois, pour celles qui inscrivent leur raison d’exister dans des logiques de sous-traitance spécialisées au sein de de chaînes de valeurs fortement impactées, telles que l’automobile ou l’aéronautique mais aussi le nautisme et en particulier la voile de compétition, le pire est à venir et des défaillances sont à craindre. La solidarité bretonne a beaucoup joué, rapprochant l’action publique des besoins et attentes de ces entreprises … Une fois encore le « One BZH » s’est illustré mais il ne doit pas nous bercer d’illusions. Nous sommes tributaires, dans l’univers des technologies notamment et en particulier de celles du numérique, de « têtes de ponts » nationales et internationales qui achèvent à peine leur reprogrammation 2020 et la définition des plans de réduction de voilure inévitables … Les sous-traitants de rangs éloignés souffriront, la guerre sur les volumes et les prix sera rude. Plus que jamais, il faut se battre pour que ces têtes de ponts s’implantent durablement en Bretagne, et pour que nos entreprises ne soient pas que d’exécution, mais aussi de conception et surtout, de commercialisation. Il faut que leurs dirigeants intègrent pleinement les enjeux de transition qui se dessinent, de marque de territoire, de produits et de services, de différenciation et de compétitivité de leurs offres.

Vous êtes partenaires, avec Niji, du FEB. Pourquoi et qu’en attendez-vous ?

Niji a réussi ce pari inédit d’être un acteur régional de premier plan en région, et un acteur national de premier plan à Paris. Sa filiale Kurmi-Software, entreprise de produits et non de services, vise à devenir le leader mondial de son domaine. Nos racines sont à Rennes, en Bretagne, nos convictions sont territoriales, les sièges sociaux sont ici et resteront ici et ma motivation est grande de faire levier de mes entreprises pour aider au développement de notre Région, ma Région d’adoption, ma Région de cœur. Je suis un architecte, je visualise et dessine ce vers quoi il faut aller, et les transitions sont ma passion : énergétiques bien entendu, alimentaires aussi, de mobilité évidemment … Alors le FEB est ce carrefour des transitions et nous nous devions d’y être.

Quelles sont les thématiques du FEB sur lesquelles vous comptez vous engager plus particulièrement ?

Les transitions de façon générale, quelles qu’elles soient. L’innovation, au service d’une société plus équilibrée et inclusive dans nos territoires ; dit autrement, l’utilité territoriale de l’innovation, voire sa finalité. L’attractivité économique de la Bretagne, pour faire venir encore et toujours, toujours plus de ces « têtes de pont » dont je parlais plus haut, et de talents différenciants dont nous avons besoin.

Vous êtes aussi le président de Bretagne Développement Innovation (BDI), une structure qui devrait fusionner avec les services économiques de la région Bretagne. Pour quelles raisons ?

L’heure est à agir en mode commando pour parer cette crise inédite, dans une relation plus courte entre les services de la Collectivité et les équipes de mise en œuvre de BDI. Nous avons donc partagé avec le président de la Région, par ailleurs président du conseil de surveillance de BDI, le sens qu’il y avait à resserrer les liens opérationnels entre les équipes et à placer l’ensemble sous un commandement plus direct. En tant que chef d’entreprise empreint de frugalité, d’agilité et d’utilité, je partage entièrement cette orientation. Ce qui me motive, c’est d’aider la Bretagne. Et c’est aussi le sens de ma participation au FEB.

Jean-Philippe Lamarcade, directeur régional Enedis Bretagne : « La relance doit permettre d’accélérer la transition énergétique »

Comment avez-vous vécu la crise, vous et vos équipes ?

En tant que gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, Enedis est un opérateur de missions essentielles, ce qui signifie que pendant la crise, nous avons poursuivi notre activité. Nous nous sommes concentrés sur l’entretien du réseau, d’autant qu’avec le confinement et le télétravail généralisé, la sensibilité aux coupures de courant s’est accrue chez nos concitoyens ! Nous avons dû, de surcroît, gérer plusieurs coups de vent importants durant le confinement, du premier week-end jusqu’au dernier !

Sur les 1700 salariés qu’emploie Enedis en Bretagne, il y a 800 techniciens et techniciennes qui sont restés sur le terrain, tandis que leurs collègues ont massivement télétravaillé. Nous avons d’ailleurs été aidé par le déploiement régional du compteur Linky qui a permis d’effectuer de nombreuses interventions par télé-opération. Nous avons ainsi évité 170.000 déplacements de nos techniciens sur site. Nous allons certainement conserver certains enseignements de cette période, notamment en matière de télétravail. Nous comptons désormais environ 900 télétravailleurs réguliers, contre 200 avant la crise sanitaire. Cela fonctionne, car nous avons beaucoup travaillé sur la responsabilité et la confiance.

Comment envisagez-vous la fin de l’année ?

Nous engageons tout un panel d’activités liées à la relance de notre activité. Avec un objectif fort : rattraper, d’ici à la fin de l’année, l’ensemble de nos investissements non réalisés durant la crise. Cela représente 160 millions d’euros d’investissement dans le réseau électrique breton (hors déploiement de Linky). Je tiens à souligner que ces dépenses retombent à plus de 85% dans l’escarcelle des entreprises bretonnes avec lesquelles nous travaillons. Pour atteindre cet objectif ambitieux, nous avons conclu des accords avec nos salariés, sur la base du volontariat, portant sur l’aménagement des congés d’été, les heures supplémentaires, le travail le samedi…

Quelles sont les raisons de votre participation au FEB ?

Le FEB permet de créer un pont entre public et privé autour des questions de transitions, notamment énergétiques. Chez Enedis, nous y contribuons, grâce à la maîtrise des données qui intéressent à la fois les acteurs publics qui souhaitent sécuriser l’alimentation électrique de leurs territoires, et les entreprises qui souhaitent maîtriser leurs consommations.

Quelle est la thématique clé dont vous êtes porteur au FEB ?

C’est celle dont je viens de parler, cette question essentielle de la transition énergétique. Mais attention ! Nous sommes à un moment de l’histoire où le pétrole est peu cher : il faut donc être vigilant à ce que la relance économique qui s’esquisse ne se fasse pas sur un projet carboné ! Nous souhaitons accélérer la transition en nous appuyant sur la qualité du réseau électrique breton, qui est très performant et qui couvre l’intégralité du territoire, sans zone blanche. En Bretagne, j’en suis convaincu, la relance doit permettre d’accélérer la transition énergétique.

Envie de participer au FEB ? Inscrivez-vous ICI

Les transitions au cœur de la refondation économique bretonne

C’est le mot-clé de l’après-pandémie. La notion de transition émaille tous les discours, et commence également à s’incarner dans de nombreuses actions concrètes. Cette expression à la mode recouvre une multitude d’initiatives destinées à faire évoluer les modèles économiques en tenant compte des impératifs sociaux, environnementaux et climatiques qui menacent nos équilibres. On parle désormais de sobriété, de résilience, d’économie circulaire. Désormais, les entreprises définissent leur raison d’être, se dotent d’une mission et revendiquent leur responsabilité sociétale. L’époque est au recyclage, à la transformation, au partage. À l’heure du jetable, comment privilégier le durable ? Comment modifier les cycles de production pour économiser les ressources ? Quelles consommations responsables encourager pour les achats du quotidien ? En Bretagne comme ailleurs, les tensions sont parfois fortes entre les aspirations des citoyens et les activités industrielles traditionnelles pourvoyeuses d’emploi.

Mais en Bretagne, peut-être plus qu’ailleurs, les expériences ancrées dans les territoires fournissent des pistes prometteuses qui ne demandent souvent qu’à être dupliquées.

  • En matière de transition énergétique, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles, le vent et l’océan offrent des possibilités encore largement sous-exploitées, l’hydrogène fait l’objet d’expérimentations prometteuses, la méthanisation permet la valorisation des déchets… Quelles sont les nouvelles technologies et les expérimentations qui favorisent la maîtrise de l’énergie et l’amélioration du bilan carbone ?
  • Au plan alimentaire, la richesse et la diversité des productions animale et végétales permettent d’envisager un nouveau lien entre producteurs et consommateurs, au nom du « bien-manger » qui assure qualité et traçabilité. Quelles initiatives prendre pour satisfaire cette attente sociale forte, au prix juste pour le producteur et le consommateur ? Quel contrat social passer entre ville et campagnes dans la logique du développement des circuits courts et de l’agriculture périurbaine ?
  • Ces transitions bousculent les habitudes et nécessitent des financements adaptés pour pouvoir s’inscrire dans la durée. Quels mécanismes innovants privilégier pour favoriser leur déploiement dans les territoires ? Quelles initiatives associant public et privé engager pour en assurer la pérennité ?

Autant de questions essentielles qui seront débattues lors du Forum Économique Breton les 8 et 9 septembre à Saint-Malo. Dès à présent, la plateforme du FEB propose de recueillir témoignages et actions de terrain, projets et réflexions pour documenter ces transitions sociétales indispensables, sans sous-estimer l’importance des changements individuels et collectifs à accomplir. Parce que la solution ne peut-être que collective, et que chaque Bretonne et Breton, par ses choix de consommation et de mode de vie, détient une part de la solution, il s’agit plus que jamais de faire rimer transition et innovation.

Envie de participer au FEB ? Inscrivez-vous ICI

Newsletter
Recevez les dernières actualités et publications directement dans votre boîte mail.